La discrète amoureuse

La pièce a été le succès de l’année au Théâtre 13, deux de ses comédiens ont été nommés aux Molières et Thomas Solivéres a remporté le prix Beaumarchais pour son interprétation

Ce spectacle n’est plus en tournée.

Mené tambour battant par une jeune stratège audacieuse et déterminée, cet imbroglio amoureux entraîne jeunes et vieux dans les méandres du désir.

La discrète amoureuse est une « comedia » dans la plus pure tradition espagnole. On en retrouve tous les éléments caractéristiques: travestissements, rebondissements, triomphe de l’amour et répliques qui font mouche. Energie de l’écriture, fougue et fantaisie des personnages font de cette pièce un vrai divertissement, dans ce que ce mot à de noble et de grand.

LA PIÈCE

Fénisa, jeune fille de bonne famille, vit presque cloîtrée par une mère trop rigide. Elle est amoureuse en secret de son voisin, le gentilhomme Lucindo. Celui-ci ne la connaît pas et est épris de Gerarda, une danseuse qui se joue de ses avances pour mieux le malmener. Un mouchoir habilement abandonné par Fénisa provoque sa rencontre avec Lucindo. Il tombe amoureux d’elle : ils auraient pu ici se marier et avoir beaucoup d’enfants… Mais c’est sans compter sur le Capitaine Bernardo, père de Lucindo, qui double son propre fils en demandant la main de Fénisa. Avec l’aide gouailleuse et éclairée d’Hernando, valet de Lucindo, Fénisa va entraîner tout ce petit monde dans un stratagème rondement mené et devenir ainsi actrice de son destin. Une « comedia » dans la plus pure tradition espagnole. On en retrouve tous les éléments caractéristiques : travestissements, rebondissements, triomphe de l’amour et répliques qui font mouche. Énergie de l’écriture, fougue et fantaisie des personnages font de cette pièce un vrai divertissement, dans ce que ce mot a de noble et de grand. Jouissive à interpréter, La discrète amoureuse est une oeuvre faite pour le plaisir : celui pris par les comédiens à incarner ces vivants passionnés et prêts à tout par amour, et celui du public, emmené par l’énergie de la langue et la drôlerie de l’imbroglio amoureux.

NOTE DE LA METTEURE EN SCÈNE JUSTINE HEYNEMANN

En 1996, j’ai crée la Compagnie Soy Creation afin de mener à bien ce qui fut mon premier projet : créer un spectacle avec des jeunes issus de quartiers difficiles. Le succès de cette entreprise (prix de la Fondation de France, nombreux prix dans des festivals) m’a donné envie de me lancer dans la mise en scène. Après La Ronde de Schnitzler et Le Misanthrope de Molière qui se sont joués au Lucernaire, au festival d’Avignon et en tournée dans toute la France, j’ai défini plus clairement mes objectifs et ceux de Soy Creation: proposer un théâtre neuf, en montant des pièces classiques méconnues du grand public (Les cuisinières, de Goldoni – 2006, Théâtre 13 ) ou des auteurs encore peu joués (Bakou et les adultes de Jean-Gabriel Nordman- 2003, Théâtre du Rond Point, Le torticolis de la girafe, de Carine Lacroix – 2013, Théâtre du Rond Point). La représentation de la féminité sur un plateau est au coeur de mon travail depuis plusieurs années. J’ai exploré cette question à travers plusieurs mises en scènes : Louison, d’Alfred de Musset (Lucernaire 2002) ; Andromaque, de Racine (Lucernaire 2003) ; Les nuages retournent à la maison, de Laura Forti (Avignon 2012) ; Les chagrins blancs (création collective/ Théâtre Mouffetard 2013). La première pièce que j’ai écrite, Rose bonbon (Avignon 2010/tournée) qui a reçu le soutien de la fondation Beaumarchais, traite également de ce questionnement. C’est Colette Nucci, directrice du Théâtre 13, qui m’a fait découvrir les auteurs de théâtre issus du Siècle d’Or espagnol. J’ai été frappée du peu de pièces de Lope De Vega, pourtant considéré comme le « Shakespeare ibérique », traduites en français.Cet auteur foisonnant m’a passionnée. C’est ainsi que j’ai découvert La discrète amoureuse, qui m’a conquise par sa fraîcheur, son ironie et ses accents féministes. J’ai donc demandé à Benjamin Penamaria d’en assurer la traduction et nous avons signé ensemble l’adaptation. Pièce classique jamais traduite en français, faisant la part belle aux femmes qui veulent sortir des limites imposées, La discrète amoureuse correspond aux deux axes de travail de la compagnie. Elle est la première partie d’un dyptique sur Lope de Vega dont le deuxième volet sera La noza de cantaro (La jeune fille à la cruche).